Une inquiétante disparition

Publié: février 20, 2014 dans Autre

Parce que l’information est passée presque inaperçue, peut être n’êtes-vous pas au courant de la disparition de la Fête du Panier après 20 ans de bons et loyaux services!!! En apprenant la nouvelle, je suis restée interdite tellement cette décision me paraissait absurde et inacceptable. Une fête populaire, bon enfant, qui respirait le vrai Marseille, celui dont on ne parle pas aux touristes. Une fête familiale mettant à l’honneur les habitants du quartier, les musiciens de la région, les associations du coin et qui en plus était vecteur d’emplois durant plusieurs semaines. Je pense pouvoir dire qu’il s’agissait là de la dernière manifestation ayant encore lieu en ville, la fête Bleue ayant quant à elle disparue dans un silence assourdissant 2 ans auparavant.

Le pourquoi du comment est toujours le même : suppression des subventions accordées à la structure pour mener à bien son exécution. Sans moyens financiers il est impossible de faire subsister une telle institution. Bien sûr, ne vous en faites pas, vos impôts locaux seront bien utilisés pour des choses moins futiles comme assurer la défense du pantin qui s’accroche à son siège au CG afin de pouvoir finir de vider les caisses en toute impunité, en frais de bouche pour toute sa clique en représentation avant les élections (ben oui faut se rapprocher de la populace en cette période pré-électorale)…

Ne vous en faites pas non plus, vous paierez aussi pour la gestion du MUCEM et de la Villa Méditerranée (dont je cherche encore le rôle, moi blonde = pas tout compris), pour 500 mètres de tram  ne servant à rien, pour le micro dépassement de budget de MP2013 durant au moins les 30 prochaines années. Vous ne pourrez plus vous plaindre que votre argent passe dans des projets inutiles de divertissement puisque le concept même de divertissement gratuit n’existera plus sur notre belle ville seulement quelques mois après la fin de notre règne glorifiant de capitale européenne de la culture.

Les théâtres survivent provisoirement grâce à l’investissement personnel de gens passionnés par leur métier, les cinémas de quartier ont été remplacés par des multiplexes inaccessibles en périphérie, les philosophes ou humoristes censurés, y a pas à dire, la seule animation gratuite qui demeure au top du box office ce sont les fusillades mensuelles.

Aller, sans rancune, la nouvelle municipalité que vous allez élire vous offrira certainement une extraordinaire fête de la musique comme le fiasco de l’année dernière et comme il ne se passe absolument rien d’autre, le pire, c’est que vous serez trop heureux de pouvoir y assister faute de mieux…

 

« Exceptionnel  :

qui n’est pas habituel, qui n’est pas ordinaire, qui constitue une exception »

N’importe qui allant chercher la définition de ce mot dans un dictionnaire en comprendrait l’essence, c’est la rareté d’un acte qui lui confère son caractère d’exception. Mais non à Marseille ce mot n’a plus aucune signification. La Poste est exceptionnellement fermée cet après-midi, oui certes comme hier, avant-hier, la semaine dernière, la semaine d’avant et ainsi de suite. Le Ferry Boat est exceptionnellement hors service, non ce qui est réellement exceptionnel c’est lorsqu’il fonctionne une journée entière sans interruption…

Des exemples tels que ces deux là nous en rencontrons chaque jour au sein de nos pérégrinations dans notre ville. Chaque démarche administrative en devient que plus complexe face à l’exceptionnalité récurrente des fermetures des divers organismes. Ainsi il est quasiment devenu impossible de parvenir à aller le même jour à sa mairie annexe, sa poste, sa CAF ou sa Sécu, voire son Pôle Emploi qui n’est pas en reste sur ses fermetures occasionnelles au public, sans en trouver au minimum au moins un exceptionnellement fermé.

Mais si chacun d’entre nous appliquait ce principe d’exceptionnalité à sa présence sur son lieu de travail, ce serait la société entière qui en paierait les conséquences désastreuses. Il faut apprendre à redonner un sens, une valeur à un mot qui tend à démocratiser une tendance ! La langue française comporte suffisamment de nuances pour employer le bon, celui qui aura un caractère réellement informatif et non banale affirmation.

Le patchwork bitumé

Publié: août 12, 2013 dans Autre

Je ne sais pas vous mais personnellement je n’en peux plus du revêtement de nos trottoirs, ce patchwork bitumé. On fait des petits trous, des grands trous, pleins de trous  de partout et au lieu de prendre le temps de bien les reboucher, on maquille à la va-vite laissant la chaussée dans un état pitoyable et impraticable pour le piéton lambda. Jamais personne ne donne l’ordre d’harmoniser tout ça alors que cela devrait être obligatoire pour ceux qui entreprennent des travaux de restituer la chaussée dans un état neuf après leur intervention, il devrait y avoir une loi pour ça.

Et quand oh miracle la mairie entreprend des travaux de rénovation, le résultat ne dure pas très longtemps. Généralement on s’aperçoit 3 mois plus tard qu’on a oublié de moderniser les canalisations d’eau, de gaz, d’égout… rayer la mention inutile… Déjà qu’au quotidien on ne sait où poser les pieds entre les ordures et les crottes de  chien qui jonchent le trottoir, les plaques d’égout manquantes laissant des trous béats idéaux pour se péter une cheville si on n’y prête pas attention, les voitures et scooters garés au milieu que l’on doit éviter, ça devient éprouvant… Et je ne parle même pas des bordures de trottoirs réalisées en pierre casse-gueule, bien lisse, et comme si cela ne suffisait pas, chaque matin on fait en sorte qu’elle soit bien mouillée aussi, un danger public !

J’ai beau faire attention, en été, avec mes tongs à semelles en cuir lisse, je fais des vols planés pas toujours bien maîtrisés. Combien de fois j’ai glissé pour finir sur la route au risque de me faire tuer par une voiture. Jusqu’à présent j’ai eu de la chance, l’entorse est mon amie, j’ai investi dans des chevillières et des béquilles qui auront encore de l’avenir, je vais bien les rentabiliser.

Bref je fais comme tout le monde, pour ma sécurité, je marche au milieu de la chaussée au risque de me faire accrocher par un véhicule, mais bon a-t-on le choix ?

Mercredi 05 juin j’ai été invitée à visiter le nouveau MUCEM en avant-première. C’est vraiment un bâtiment très réussi, qui s’intègre bien dans le paysage maritime avec sa façade en moucharabié. La rénovation du Fort St Jean est absolument extraordinaire. Les jardins, même si les plantes n’ont pas encore poussées, ont été refaits avec des restanques en pierres sèches qui demeurent bien dans la tradition provençale. Les bâtiments modernes ont été cachés par une façade en cuivre qui est très artistique et qui ne choque pas du tout avec le classicisme du reste du complexe. Quant à la passerelle reliant le fort au Panier nous promet de devenir rapidement une belle ballade dominicale pour tous les marseillais.

Je vais par contre me montrer plus réservée quand aux expositions actuellement montrées au public. On a comme l’impression d’un joyeux n’importe quoi qui aurait été sélectionné pour remplir l’espace à défaut d’une réelle cohésion. On trouve dans une même grande salle des antiquités, une sculpture en verre d’art contemporain (magnifique mais pas à sa place du tout), des photos, des films, un mur tagué, de la peinture du 17/18ème… et un pingouin empaillé… Même si le fil conducteur semble être la Méditerranée, je n’ai pas été convaincue. Avec l’amie qui m’a accompagné nous avons beaucoup ri car les seules pièces un peu antiques étaient prêtées par les musées marseillais actuellement encore fermés pour rénovation. Tout ce qui venait du Quai Branly datait au maximum de 1950 (comme une vaste impression qu’ils nous ont refilé les objets dont ils n’avaient pas l’utilité).

Je pense pouvoir dire que c’est un lieu que je connais très bien ayant eu la chance de suivre le chantier depuis le premier jour et de pouvoir m’y rendre très régulièrement. J’ai tout de même réussi à louper une salle d’expo donc on pourrait penser que la signalétique de celles-ci sont à revoir. Bon à moins que cela ne soit dû au fait qu’ayant visité le bâtiment en avant première tout n’ait pas été finalisé à cette période…

Je vous laisse avec quelques images.

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Une grève culottée

Publié: juin 2, 2013 dans Transport
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Grève ou pas grève, là est la question… Lorsque qu’il y a un mois les agents de la RTM ont annoncé qu’il déposait un préavis de grève pour cause de (ne riez pas) « nouveaux pantalons trop serrés », la France entière s’est foutue de nous (pour changer), l’information est même passée au journal TV pour vous dire. Avec tous les soucis que n’importe quel employé peut rencontrer à l’heure actuelle dans son entreprise, ce motif a au moins le mérite d’être original.

Malgré le coût exorbitant qu’une modification de coupe pourrait  entrainer sachant que la production avait été livrée par le fournisseur, la direction de la RTM, devant l’ampleur du phénomène, a vite réagi afin de tenter de trouver une solution à l’amiable et d’éviter une grève inutile. D’autant plus qu’elle interviendrait pile la semaine de l’inauguration du MUCEM (musée national construit dans le cadre de MP2013) et de la transhumance où la ville attend une fréquentation d’environ 155 000 visiteurs rien que pour le WE.

Il semblait donc que la discussion entre syndicat, personnel navigant et direction soit bien engagée et permette d’éviter une paralysie de la ville. Cependant, à J-1 on ne peut que constater que le préavis a été maintenu (voir sur le site de la RTM), mais pour quelle raison ?

Non parce que ce n’est pas du tout habituel que les agents de la RTM soit en grève à l’heure des exams, à la période où il fait bon trainer à la plage parce que le soleil revient, non ce n’est qu’un épisode annuel récurrent qui s’arrête généralement avec le début des vacances scolaires (comme par hasard)…

J’ai comme la sensation que nous risquons encore de bien rigoler, Marseille, capitale européenne du rire jaune en 2013, la tendance semble se confirmer au fil des jours.

S’il y a une chose qui m’énerve et m’horripile par dessus tout c’est le non-respect, que cela soit envers des choses ou envers des gens. Le marseillais ne respecte rien, ni sa ville, ni ses semblables, à croire que c’est génétique.

La chose la plus remarquable qui a été mise en place par Marseille Provence 2013 c’est le Funny Zoo, vous savez sur le même principe que les vaches et les globes, ce sont ces animaux rigolos qui sont disposés sur le Port et au parc Longchamps. Je ne sais pas ce qu’il en sera par la suite du Funny Zoo mais les globes avaient été achetés vierges par des entreprises sponsors puis confiés à des artistes locaux pour les décorer. Ils étaient exposés plusieurs mois au public avant d’être vendus aux enchères. L’argent récolté allait pour 50% à l’artiste et dieu sait comme ce job est ingrat et peu rémunérateur, donc c’était une opportunité formidable pour des petits artistes de trouver un financement pour poursuivre leur travail de création quelques mois.

Seulement voilà, que restera-t-il de ces animaux rigolos dans quelques mois, à mon avis rien. Dès la première semaine d’installation ils ont été volontairement dégradés. On les a donc changé de place, mis dans un espace filmé 24h/24h. Une plaque a été rajoutée demandant au public de respecter le travail de l’artiste (c’est fou que l’on soit obligé de le préciser).

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Une amie lyonnaise est descendue quelques jours chez moi pour voir les expos de 2013. Je l’ai amené voir le Funny Zoo qui est actuellement sur le parvis de l’hôtel de ville. Il lui fut impossible de prendre les animaux en photo car les parents prennent cette attraction comme un manège gratuit. Toute la journée des gamins ou des ados se succèdent pour les escalader, leur sauter dessus, je suis vraiment choquée. Nous avons osé faire la remarque à un couple de marseillais dont le fils essayait d’arracher une pièce du dos d’une statue sur laquelle il était monté. Bilan nous avons failli nous prendre une paire de baffes parce que nous osions leur dire que leur acte n’était pas respectueux. La mère nous a gueulé dessus qu’elle savait que c’était interdit mais qu’elle s’en battait les c***** qu’elle le ferait quand même. Je suis restée stupéfaite, je lui ai alors demandé pourquoi elle n’avait pas de respect pour les œuvres et elle m’a répondu que lorsqu’elles seraient HS la mairie en mettrait d’autres! Mais quelle éducation pour ses enfants!!! On fait clairement passé le message que ce n’est pas grave de dégrader du matériel urbain ou bien une œuvre qui a nécessité des heures de travail de la part d’un artiste même pas rémunéré pour ça, qui a fait un don de lui et de ses compétences pour un public qui en retour lui crache ouvertement à la gueule. Après on s’étonne que rien ne soit mis place pour la culture ou pour le public marseillais mais pourquoi se donnerait-on du mal pour des gens qui n’ont aucun respect ni pour leur ville ni pour l’Art? Ce serait du lard donné aux cochons.

Voilà j’avais très envie de partager ce coup de gueule avec vous. Chaque parent ne voit peut être pas le mal d’installer son gamin sur le dos de la bête pour faire une photo souvenir sauf que le matériau utilisé est résistant aux intempéries mais pas au poids et que cette action répétée x fois par jour sur x jours détruit inexorablement l’animal et le travail singulier non reproductible d’un artiste qui perd ainsi ses chances de gagner un peu d’argent lors de la vente aux enchères car personne n’investit dans une œuvre abimée. C’est à chacun d’entre nous de prendre ses responsabilités pour faire en sorte que ce qui nous est fourni perdure dans le temps. Parce qu’il en est aussi ainsi avec les papiers jetés au sol au lieu de la poubelle, les panneaux routiers non respectés, les dalles neuves anéanties dès les premiers mois. Jeter son chewing-gum sur le sol n’est pas en soi un acte monstrueux mais multiplié par 2000 personnes chaque jour, en moins de 2 ou 3 mois, il n’y aura qu’un sol collant à travers lequel nous apercevrons partiellement la couleur de la dalle neuve. Un mégot de cigarette oublié sur la plage, c’est juste agaçant mais multiplié par 2000 personnes chaque jour, ça fait 2000 mégots enfouis qui polluent le sable. Tout est question de respect des autres en commençant par ne pas faire soi même ce que l’on aimerait pas subir des autres.


Dire que le premier mai est la fête des travailleurs n’est pas forcément très vrai chez nous (enfin si, au moins pour les employés de la RTM) parce que ce jour-là mieux vaut ne pas être contraint de se déplacer pour aller bosser. C’est plutôt la fête des randonneurs. Car c’est aussi le jour du zéro transport : ni bus, ni métro, ni tramway, nada… Enfin si pardon, la navette par bateau reliant le Vieux-Port à la Pointe-Rouge circulera, mais au vue de la queue qu’il va y avoir, je ne suis pas prête à mourir noyée dans l’eau sale du Port pour me déplacer. Je choisirais plutôt un mode de transport écologique : mes deux jambes…(enfin un peu comme d’habitude quoi). Espérons que cette année, le soleil soit du côté des marcheurs forcés…

Personnellement j’avais espéré que cette tradition dont nous n’avons pas à être fiers soit révolue cette année avec le titre de capitale européenne de la culture. Comment peux-ton se targuer d’un tel titre en ayant si peu de considération pour les gens qui daignent se déplacer dans notre ville?

Je me souviens d’une année où je me suis rendue à la gare chercher une amie qui rentrait de vacances un 1er mai et avoir observé durant une bonne demi-heure le manège des taxis escrocs (oui ce jour là c’est la fête à l’oseille chez eux). Les touristes débarquent, se renseignent sur les solutions de transport et constatent avec effroi qu’il n’y a rien. C’est là que les agents de sécurité de la gare rentrent en scène en guidant ces brebis égarées et effarées vers la station de taxi la plus proche. Ils leur disent qu’il va leur négocier un bon prix et quelques minutes plus tard, ils les fourguent à la queue leu-leu (jusqu’à 5 par véhicule avec valises sur les genoux) en récupérant une grasse commission au passage. Là je me suis dit que visiblement, je m’étais trompée de job… Assurer la sécurité de la gare, c’est très lucratif!

En sortant de ma voiture pour guetter mon amie, j’ai vu une jeune fille en pleurs sur les marches de la gare et je suis allée la voir. Elle m’a dit qu’elle devait se rendre à la Pointe-Rouge, que ses amis étaient tombés en panne de voiture et que le taxi lui demandait 80€ pour la course, soit 2 fois le prix de son billet de TGV!!! Oh my god, c’est encore pire que ce que je pensais, 80€ les 15km, soit plus de 5€ le km alors que le tarif maximal imposé par l’arrêté préfectoral est de 2.12€/km maximum en tarif de nuit! Bon inutile de préciser que j’ai récupéré ma copine et la gamine pour l’amener à bon port mais bon si je n’avais pas été là, qu’aurait-elle fait?

Lorsque je constate ce genre d’abus, j’ai honte pour ma ville et sa réputation qui ne s’améliorera pas ainsi. Nous sommes dans une année cruciale pour le tourisme avec la perspective que cela ait des répercussions positives dans les prochains mois. Quelle image sommes-nous en train de donner aux visiteurs à part confirmer celle que nous avons déjà et qui n’est pas reluisante. Si je n’étais pas contrainte d’aller travailler demain (à pieds), je crois bien que je me serai plantée à la gare pour faire quelques photos du trafic en espérant bien déranger tout ce petit monde parallèle qui se croit à l’abri des lois sous le prétexte fallacieux qu’ils sont protégés par un fonctionnaire haut placé à la mairie (cf : l’ancienne émission de M6 où il s’était confié fièrement aux journalistes avec sa phrase devenue culte « monsieur, si je veux, je lève le doit et j’ai le pouvoir de bloquer tout Marseille« ). Alors avis aux amateurs qui n’ont rien de prévu, ce sera sans nulle doute le spectacle de l’année MP2013 à ne pas rater. Sinon, rassurez-vous, en cas d’empêchement, il se répète annuellement.

La honte ne tue pas, heureusement, parce que sinon nous serions déjà morts. A chaque fois que je pars quelques jours en vacances, circuler chargée en ville me permet de revêtir le costume  du pauvre touriste qui débarque chez nous. L’avantage de Marseille, c’est qu’on ne lui ment pas au touriste, il peut prendre la température dès son arrivée en gare avec l’escalator en panne et sa lourde valise à porter comme un con. Il a d’ailleurs plutôt intérêt à arriver de jour parce que passées 21h30, difficile d’envisager de trouver un bus, non qu’il n’en reste pas quelque uns, mais ceux-ci étant annoncés nulle part, encore faut-il le savoir. Parfois, on voit les touristes déambuler, vagabonder sans but, mais où est leur pouvoir d’achat ? Moi je sais, ils ont tout claqué dans le taxi qui les a truandé à la gare au voyage aller. Du coup, il économise au cas où pour le retour. Une fois sur place et installé, il cherche le truc infaillible pour occuper ses journées : l’office du tourisme. Il faudrait expliquer à la direction de ce dernier que non leur bâtiment n’est pas classé et que les gens ne se bousculent pas juste pour le visiter à l’œil. Je travaille sur le Vieux-Port donc du touriste perdu, j’en vois un paquet. Je les renseigne gentiment toute la journée, dans toutes les langues, parfois même je dessine pour me faire comprendre. L’été dernier, je voyais chaque jour des dizaines de personnes me demandant les horaires du marché du cours d’Estiennes d’ Orve ! What ! Y a un marché là-bas maintenant !!! Mrd alors je suis marseillaise et ils en savent plus que moi, surtout que je bosse à côté. Un soir en passant, je tombe même sur un magnifique panneau annonçant ce dit marché.  Je fis donc mon enquête, et ce que je redoutais était réel, le seul marché connu ici par les commerçants du coin se résume à 4 ou 5 artisans présents quelques heures par semaine et seulement en cas de beau temps. Par la suite, je pus donc éconduire tous les gens qui me demandaient où se trouvait le marché en leur expliquant qu’il n’avait jamais existé. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’une touriste me sortit de sa poche un prospectus édité par l’office du touriste avec des horaires et tout le tralala… Bref, j’ai dû passer à ses yeux pour une imbécile mais le constat est accablant, éditer des prospectus pour un événement qui n’a vraisemblablement jamais existé, c’est ahurissant, d’autant plus que c’est loin d’être gratuit!

Ce matin, en zappant à la TV, je suis tombée par hasard sur une émission qui parlait de Marseille. Il disait que le site web de MP2013 avait déjà enregistré 1 million de visites depuis le lancement mi-janvier. Ce chiffre m’a fortement interpellé car je trouve la ville bien déserte pour une année qu’on nous avait présentée comme un cru exceptionnel au niveau de la fréquentation touristique. Du coup, je me suis demandée d’où celui-ci pouvait provenir. Malheureusement, je pense que ce sont plus les marseillais qui s’interrogeant sur la programmation ont tenté en vain de trouver dessus de quoi se mettre sous la dent.  Oui car quasiment tous les musées sont encore aux abonnés absents ou entre deux expos, quelqu’en soit la cause, le résultat est le même : désastreux. Travaux sous-estimés, livraison non achevée dans les temps, nous cumulons les erreurs qui auront une répercussion économique car tant que les édifices sont clos il n’y a aucune entrée économique, ce qui va produire un déficit que la ville sera certainement amenée à combler (avis à votre prochain avis d’impôts locaux, ça va faire mal).

Espérons  qu’avec l’arrivée du printemps la tendance s’inverse car le poumon économique de notre ville s’essouffle, le pire dans tout ça c’est que l’on ne pourra pas reprocher aux touristes d’aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte.

Vendredi soir, comme je suis une « very important people » (non je déconne), j’étais invitée à l’inauguration du FRAC (fond régional d’arts contemporains) qui fait parti des nouveaux musées livrés dans le cadre de l’année capitale européenne de la culture.

Première impression, on sentait bien que les œuvres avaient été accrochées à la va-vite, ce qui est normal vue qu’une semaine auparavant les ouvriers étaient toujours en action pour achever les finitions diverses et variées. Je trouve que la façade n’est pas aussi jolie que ce que je m’étais imaginée du rendu final en voyant les maquettes originelles. De plus, au début, le prototype de verre utilisé pour réaliser les facettes avait été créé au CIRVA (centre de recherche sur le verre) et j’étais heureuse que cela puisse être une réalisation un peu plus marseillaise (rappelons que l’architecte sélectionné est japonais). L’intérieur est magnifique, spacieux, plutôt bien conçu mais terriblement froid. Deux jolies terrasses en bois ont été réalisées dont la plus spacieuse au dernier étage offre une vue magnifique sur le quartier d’affaire de la Joliette. C’est dans l’ensemble une belle réalisation et espérons qu’il trouve une bonne fréquentation dès son ouverture au public parce qu’il va falloir le rentabiliser.

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Par contre son inauguration était comment dire, très marseillaise… Les politiques étaient attendus à 18h et le public était par la suite invité à visiter le bâtiment à 20h. Sauf qu’à cette heure-là, une longue file d’attente se profilait dans la rue et le personnel de sécurité avait reçu l’ordre de ne faire rentrer les visiteurs qu’au compte-gouttes ce qui a dissuadé beaucoup de gens qui ont finalement renoncé à cette visite.

De plus, il faut savoir que le dernier bus desservant le quartier part à 20h20 ce qui pénalise fortement la population non desservie par le Tram et le métro. Surtout qu’en soirée le quartier devient un vrai coupe-gorge depuis la rénovation ratée de la rue de la République, les commerçants ayant désertés le coin, seuls les voyous drogués et les clochards en état d’ébriété errent dans les rues.

Enfin bref c’est toujours pareil, ce type d’événement n’est jamais très réfléchi. J’ai surtout beaucoup ri en croisant dans une file d’attente l’un des responsables du service distribuant les accréditations d’accès au chantier qui ne parvenait pas à entrer dans le bâtiment car le service protocolaire de la Région avait oublié de le mentionner sur la liste et le français très approximatif des agents de sécurité sur place se limitait à « on ne passe pas ». Si même les responsables organisateurs sont contraints de faire la queue, alors ça ne laisse rien présager de bon pour le visiteur lambda :-).

Marseille a ses particularités que les autres villes n’auront jamais. Après tout, si un petit teckel peut écrire dans la presse locale qu’est-ce qui empêche un riche escroc notoire de se payer un groupe de presse, comme il aurait pu s’acheter une Rolex. Rien. D’ailleurs c’est ce que vient de faire  notre Tapie national. Bon je vais révéler des vérités que tout le monde sait mais dont personne ne parle, autant le journal La marseillaise est résolument gauchiste, autant La Provence est de droite. Et ceci se voit aisément par l’angle d’attaque utilisé par les journalistes. Mr Tapie étant un bon ami de Mr le Maire, cela a forcément dû peser dans la balance. La question que je me pose est la suivante : déjà qu’auparavant l’information qui filtrait par la rédaction de La Provence était édulcorée pour plaire à ses actionnaires, quand sera-t-il avec cette nouvelle direction connue pour être des plus corrompues  et appartenant à la pègre locale ? Je trouve ça hyper dangereux qu’un groupe de presse régionale de cette importance soit frappé d’autocensure. Si Tapie a été insidieusement placé à ce poste, c’est évident qu’il sera très utile en 2014 à la sphère politique marseillaise. Vu son grand âge, je ne pense pas qu’aux prochaines élections municipales Gaudin se représente, mais il y a peu de gens ayant sa carrure et sa tchatche pour le remplacer à droite et le poste semble être gagné d’avance pour son concurrent direct Mr Menucci. Voilà où se cache le joker Tapie (qui porte bien son nom, tapi derrière un poste fictif en attendant son heure). Il est évident qu’il aura un rôle à jouer dans le match des municipales et s’il ne figure pas sur les listes, il sera un précieux outil pour jongler avec l’information et toucher l’opinion publique.

Déjà que notre ville est connue pour ces passe-droit et que l’immunité permanente dont bénéficie certains dirigeants contribue à en vider les caisses. Quand on regarde de plus près les chefs d’accusation pesant sur certain responsable on ne peut que se dire que n’importe quel couillon (citoyen lambda) serait déjà incarcéré depuis des décennies. Ce sera donc un fléau supplémentaire contre  lequel on ne pourra lutter au niveau local (n’oublions pas qu’aux avant dernières municipales, il m’avait été impossible de voter au premier tour pour le groupe politique que j’avais sélectionné faute de disponibilité de bulletin dans mon bureau de vote).  Mais ici c’est la routine habituelle et plus personne n’y prête attention tant c’est entré dans les mœurs depuis trop longtemps…

Enfin, il pourrait nous arriver pire, Tapie, futur maire de Marseille… Moi, ça me fait froid dans le dos rien qu’à y songer mais je reste persuader que d’autres marseillais le préfèreraient à ce poste bien au chaud dans son fauteuil que de prendre le risque de le voir se rapprocher de l’OM à nouveau…