Mais qui a l’extrême chance d’être au top de ce palmarès ridicule ? Bruit de tambour qui roule… Marseille… pour changer.
Ici, nous vouons un culte aux véhicules motorisés, celui avec lequel on ne se fatigue pas car on est avant tout extrêmement feignant. Ainsi, dans tout le centre ville, il y a très peu de pistes cyclables, malgré l’installation des vélos de ville depuis quelques années. Pire, le peu qu’il y ait sont envahies par des piétons incivilisés qui les empruntent nonchalamment à longueur de journée. Ainsi, un promeneur s’étant jeté délibérément sous les roues d’un pauvre cycliste a porté plainte et est parvenu à faire interdire la circulation des vélos sur les pistes cyclables du Prado ! Non, pardon, une exception réside, seuls les enfants (accompagnés par un adulte, jusque là ça coule de source) roulant sur leurs tricycles lancés à faible allure ont gardé ce droit suprême !
Il faut reconnaître que ce large trottoir reliant la place Castellane au rond-point du Prado avait tout pour être aménagé en une parfaite double voie de circulation (plate en plus, oh Bonne mère que c’est pas partout le cas), pourtant elle a été extrêmement mal pensée, certainement conçue par un mec n’ayant jamais enfourché un vélo de sa vie … Il y a des endroits où celle-ci s’arrête dans le vide sans être matérialisée, mieux vaut être donc très attentif pour ne pas sauter un trottoir par mégarde et finir sa course étalé sur la chaussée. Elle n’a ni début, ni fin. Elle passe sous des panneaux publicitaires plutôt placés de telle sorte à assommer les gens plutôt qu’à leur vocation première purement informative.
Heureusement, face à cette ineptie et aux plaintes des usagers en deux roues, après plusieurs longs mois de bataille, un juge a fait annuler cette décision grotesque, sauf que certains panneaux d’interdictions sont quand à eux toujours présents, laissant encore planer le doute dans l’esprit des utilisateurs de la voie. Les cyclistes pensent être dans leur droit en roulant sur la piste et les piétons pensent aussi être dans le leur à cause des panneaux d’interdiction… Déjà que le partage de l’espace est délicat…
Alors quand on parle du développement de moyens de transport propres permettant le désengorgement de la ville de ses véhicules asphyxiants, ça me fait bien rigoler. Il faudrait peut être commencer par revoir les futurs plans d’aménagement de la ville qui ont, semble-t-il, oublié les voies de circulation pour les cyclistes. Certes vu que ceux-ci sont conçus par des gens se déplaçant dans une voiture de fonction munie d’un chauffeur, on se doute bien que ce n’est pas dans leurs prérogatives.
Pourtant rien n’est plus simple que de prévoir des pistes cyclables bien matérialisées, ce n’est pas ce qui coûte le plus cher (enfin ce sera toujours moins onéreux de les prévoir à l’avance plutôt que de tout casser 2 ans plus tard pour finalement les intégrer = grosse farce marseillaise qui se répète trop souvent). Bon certes, cela n’empêchera pas le marseillais incivilisé de se garer nonchalamment dessus en warning le temps d’acheter ses clopes au tabac du coin, d’y marcher dessus en consultant son Iphone et de hurler sur le pauvre cycliste tentant de braver courageusement la circulation, mais au moins, au moins, nous pourrons dire que l’effort aura été entrepris.
Maintenant ce n’est pas demain la veille que l’on domptera le marseillais et son comportement individualiste, dommage que pour cela il n’existe pas de panneaux d’interdiction, ceux-ci seraient loin d’être ridicules et auraient une certaine utilité contrairement à d’autres…